DBKM AVOCATS

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Abus et litige CAF, CNAPS, administrations

La lutte contre la fraude aux prestations sociales en 2024 : un bilan déplorable

Force est de constater que les problèmes identifiés en 2017 dans le rapport du Défenseur des Droits sur la lutte contre la fraude aux prestations sociales n’ont pas seulement persisté mais, dans certains cas, se sont aggravés. Les Caisses d’allocations familiales (CAF) ont mis en œuvre des mesures toujours plus répressives, au prix d’une altération ininterrompue des droits fondamentaux de leurs usagers. Ce bilan négatif exige des actions concrètes et immédiates.

La législation française n’a cessé de renforcer les mécanismes généralisés de surveillance et de sanction. Loin de résoudre les problèmes, ces mesures ont exacerbé les tensions. Les nouvelles mesures du législateur ont souvent manqué de précision, aboutissant à une augmentation des actions judiciaires et à une stigmatisation accrue des groupes vulnérables.

En 2021, le Cabinet DBKM AVOCATS avait déjà soulevé ces atteintes aux droits fondamentaux devant le Comité des Droits de l’Homme des Nations-Unies, mettant en évidence les multiples atteintes à la présomption d’innocence et le manque d’équité dans la gestion des contrôles et des sanctions.

En 2024, la situation s’est considérablement dégradée :

  • Définition extensive de la fraude : la définition actuelle de la fraude reste ambiguë et trop vague, permettant aux Caisses d’allocations familiales et de Mutualité sociale agricole (MSA) d’assimiler des erreurs administratives bénignes à des actes de fraude délibérés. Cette interprétation large a conduit à un nombre croissant de sanctions injustes et disproportionnées.
  • Discrimination systémique : les méthodes de profilage basées sur le data mining ont ciblé de manière disproportionnée des populations spécifiques (étrangers, mères isolées), exacerbant la discrimination et renforçant les inégalités sociales. Les critères de sélection, loin d’être neutres, ont souvent reflété des préjugés institutionnels profondément ancrés.
  • Erosion continue des droits à la défense : les garanties procédurales, pourtant essentielles dans un Etat de droit, ont été régulièrement remises en cause. En pratique, les allocataires se trouvent de plus en plus souvent dans l’impossibilité de contester les indus et les accusations de fraude.

Les atteintes aux droits fondamentaux des bénéficiaires sont démultipliées :

  • Violation de la présomption d’innocence : la pratique consistant à traiter les allocataires comme coupables jusqu’à preuve du contraire a miné les principes fondamentaux de la justice, contribuant à un climat de méfiance et d’hostilité croissante parmi les bénéficiaires des prestations.
  • Entraves à l’accès aux prestations : des allocataires ayant commis de simples erreurs de déclaration se sont retrouvés exclus de prestations essentielles, exacerbant leur vulnérabilité et leur précarité. Cela a non seulement sapé la confiance dans les institutions sociales mais a également augmenté le risque d’exclusion sociale et de conflits sociaux.

Des mesures drastiques et immédiates sont nécessaires :

  • Restriction de la définition de la fraude : une définition plus stricte et plus précise de la fraude, nécessitant la preuve d’une intention claire de tromper, doit être adoptée pour éviter les abus et les erreurs d’interprétation.
  • Renforcement de l’accès à la justice : les processus par lesquels les fraudes sont recherchées et traitées doivent être transparents et justes. Les excès des CAF doivent être sanctionnés.
  • Amélioration de l’information : une meilleure information doit être fournie aux usagers, pour réduire les erreurs et limiter les accusations injustes de fraude.
  • Encadrement des dérives informatiques au sein des Caisses d’allocations familiales :il faut empêcher le recours systématique au datamining et aux algorithmes, revenir à une relation de proximité avec les allocataires.

En 2024, le constat est clair : la lutte contre la fraude a bafoué les droits des usagers. Les recommandations formulées ici visent non seulement à rectifier les déficiences actuelles mais aussi à restaurer la confiance dans les institutions de protection sociale. Il est impératif que ces recommandations soient mises en œuvre pour garantir une justice équitable et la protection de tous les allocataires.

En cas de litige ou de procédure injuste de la part d’une CAF, DBKM AVOCATS peut vous aider, en Métropole et Outremer. N’hésitez pas à nous contacter pour défendre vos droits face aux abus de l’Administration (lien).

Ces erreurs qui peuvent vous coûter cher…

Faire face aux Caisses d’allocations familiales (CAF) exige une vigilance constante et des déclarations précises de la part des allocataires. 

Hélas, nous constatons que de nombreuses erreurs sont couramment commises, allant de la déclaration tardive d’un changement de situation (changement d’adresse, de situation matrimoniale, hausse des revenus, séjour à l’étranger) à la communication d’informations incorrectes. 

Ces erreurs peuvent avoir de lourdes conséquences financières et administratives. 

Quelles sont donc ces erreurs les plus courantes et les plus sanctionnées ?

La déclaration tardive :

L’erreur la plus fréquente consiste à ne pas déclarer, ou à déclarer tardivement les modifications dans votre situation familiale ou professionnelle. Pourtant, il est impératif que la CAF soit informée de ces changements, qui peuvent entraîner une modification du montant de vos allocations. En effet, si l’allocataire omet de mettre à jour sa situation dans les délais, il s’expose à devoir rembourser les prestations reçues et même, dans certains cas, à des sanctions financières. Par exemple, s’il trouve un nouvel emploi mieux rémunéré, le montant de son allocation pourrait diminuer. S’il continue à percevoir des aides sociales tout en ayant des revenus supérieurs à ceux déclarés à la CAF, il devra rembourser l’excédent perçu. On parle alors d’indu.

La fourniture d’informations incomplètes ou erronées :

Une autre erreur à éviter est de communiquer des données inexactes, incomplètes ou fausses. Il est donc essentiel de fournir des informations précises et correctes, car elles servent de base au calcul des prestations. Les allocataires qui fournissent des informations erronées risquent des pénalités, voire des accusations de fraude vis-à-vis de la CAF. Il est important de bien garder tous les justificatifs de votre situation. N’oubliez pas, si besoin ou en cas de doute, d’adresser un mail depuis votre compte caf.fr. Et de bien conserver une copie de ce mail. Car il n’est pas rare, hélas, que des CAF effacent de votre compte certains des mails que vous avez envoyés…

Le non-respect des critères d’attribution des allocations :

Avant de prétendre à une aide de la CAF, il est impératif de vérifier si l’on peut y prétendre. En ne respectant pas les conditions d’attribution des aides, l’allocataire peut être tenu de rembourser les montants perçus indûment. De plus, cela peut compromettre sa crédibilité auprès de la CAF, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur ses futures demandes d’allocations, ou même déclencher un contrôle de la CAF.

Oublier de renouveler ses aides :

Certaines aides fournies par la CAF, telles que l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH), nécessitent un renouvellement régulier. L’oubli de cette étape peut entraîner la suspension des paiements pour une période parfois très longue. De même, il convient de renouveler en temps et en heure son dossier auprès de la Maison Départementale pour les Personnes Handicapées (MDPH). Dans certains cas, en cas d’oubli, il faudra recommencer tout le processus de demande pour bénéficier de l’aide, ce qui retardera les versements.

Négliger, minorer ou cacher les revenus de son conjoint  :

Comme leur nom l’indique, les CAF raisonnent au niveau de la famille, compte tenu de la situation de tous les membres du foyer (conjoint concubin, marié ou pacsé et enfants). Il est donc demandé aux allocataires de bien déclarer l’ensemble des revenus du foyer, notamment sur les déclarations trimestrielles de ressources (DTR). Les allocataires doivent prendre garde aux subtilités déclaratives. Il ne faut pas hésiter à consulter les notices de déclaration qui, il est vrai, sont parfois obscures, voire erronées.

En résumé, pour éviter des désagréments financiers et administratifs avec la CAF, il est essentiel de bien remplir et de déposer vos déclarations, de respecter les critères d’attribution et de ne pas oublier les renouvellements nécessaires.

En cas de contrôle de la CAF, si vous avez commis une erreur ou si la CAF vous accuse de fausse déclaration ou de fraude, n’hésitez pas à contacter DBKM AVOCATS.

Le recours en justice contre la CAF : Quand est-il nécessaire ?

La Caisse d’Allocations Familiales (CAF) est une institution essentielle aussi bien pour les familles que pour les personnes en situation de précarité.  Cependant, il peut y avoir des moments où vous vous trouvez en désaccord avec une décision de la CAF, où vous estimez que vos droits n’ont pas été respectés. Dans de telles situations, vous pourriez vous demander s’il est nécessaire d’engager un recours en justice contre la CAF.

1.      Comprendre les raisons du litige

La première étape pour déterminer si vous devez engager un recours en justice contre la CAF consiste à comprendre les raisons sous-jacentes du litige. Il existe plusieurs motifs courants de litiges avec la CAF, notamment :

·       Le refus de prestations : Si la CAF refuse de vous accorder une allocation à laquelle vous pensez avoir droit, il peut être nécessaire de contester cette décision.

·       La réduction ou la suspension des prestations : Si la CAF décide de réduire ou de suspendre vos prestations, cela peut avoir un impact significatif sur votre situation financière, et vous pourriez envisager de faire appel de cette décision.

·       Le remboursement d’allocations : Si la CAF vous demande de rembourser des prestations déjà versées, cela peut donner lieu à un litige si vous estimez que la demande est injustifiée.

·       Les problèmes liés à la communication : Les erreurs de communication ou de traitement de dossier peuvent également entraîner des litiges, par exemple si la CAF n’a pas pris en compte des informations cruciales.

2.      La voie administrative : Premier recours

Avant d’envisager un recours en justice, il est généralement recommandé de suivre la voie administrative. Cela signifie que vous devez d’abord contacter la CAF pour contester la décision en question. Vous pouvez le faire en envoyant un courrier recommandé ou en utilisant les canaux de communication spécifiques mis en place par la CAF. Il est important de noter que la CAF dispose généralement d’une procédure d’appel interne. Si vous n’êtes pas d’accord avec la décision initiale, vous pouvez soumettre une demande d’examen par un autre agent de la CAF. Cette étape peut être cruciale pour résoudre le litige sans avoir à engager des procédures judiciaires coûteuses. DBKM AVOCATS vous apporte son soutien dans cette démarche en rédigeant les recours.

3.      Quand le recours en justice est-il nécessaire ?

Le recours en justice contre la CAF est une étape qui doit être envisagée avec sérieux, car elle implique des coûts financiers et peut être chronophage. Voici quelques situations dans lesquelles il peut être nécessaire d’engager une action en justice contre la CAF :

·       Épuisement des recours administratifs : Si vous avez suivi la procédure administrative et que vous n’avez pas obtenu satisfaction, il peut être temps d’envisager une action en justice. Assurez-vous d’avoir épuisé toutes les possibilités d’appel interne avant de franchir cette étape.

·       Violation de vos droits : Si vous estimez que la CAF a violé vos droits ou qu’elle n’a pas respecté la loi dans son traitement de votre dossier, il peut être nécessaire de porter plainte devant les tribunaux pour faire valoir vos droits.

·       Impact significatif sur votre situation financière : Si la décision de la CAF a un impact considérable sur votre situation financière ou celle de votre famille, comme la perte de revenus essentiels, il peut être impératif d’engager un recours en justice pour protéger vos intérêts.

·       Question de principe : Parfois, le litige avec la CAF peut devenir une question de principe. Si vous êtes convaincu que la décision de la CAF est injuste et que vous souhaitez établir un précédent, vous pourriez décider de porter l’affaire devant les tribunaux.

4.      Se préparer au recours en justice

Avant d’engager un recours en justice contre la CAF, il est essentiel de vous préparer soigneusement. C’est le travail de notre cabinet. Nous sommes spécialisés dans les litiges contre la CAF. Nous élaborons avec vous la meilleure défense possible selon votre situation et la nature de votre litige. Prenez contact avec nous pour faire le point.

L’aide exceptionnelle de 150€ finalement versée aux bénéficiaires des aides au logement

La prime exceptionnelle liée à l’urgence sanitaire sera versée à partir du 27 novembre 2020.

Après un flottement et plusieurs contradictions, cette aide sera finalement accordée :

  • aux bénéficiaires du RSA (Revenu de Solidarité Active)
  • aux bénéficiaires de l’ASS (Allocation Spécifique de Solidarité)
  • aux bénéficiaires des APL (Aide Personnalisée au Logement)